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Sport pour tous Mercredi 13 Oct. 2021 à 16h24

Loïc Vergnaud : "Pour la plupart des gens, je ne suis qu'un handicapé"

Lors du dernier match dans le Chaudron, l’association ASSE Cœur-Vert a convié différents sportifs, au sein de sa loge. Des anciens Verts, des joueurs de Foot-fauteuil mais aussi des athlètes paralympiques dont le ligérien Loïc Vergnaud, double médaillé d'argent lors des derniers JO à Tokyo, qui a accepté de témoigner sur son parcours.

Après votre accident, quelle a été votre motivation pour continuer de pratiquer un sport, et cela, à haut niveau ?

Tout d’abord, ma première motivation a été une question de remise en forme, il a fallu que je reprenne un physique afin de récupérer au plus vite, de mieux appréhender ma prothèse, de remarcher… Ensuite, il a fallu que je me remette dans la vie de tous les jours. Pratiquer un sport m'a permis avant tout de retrouver les copains.


Vous qui pratiquiez le foot avant votre accident, pourquoi avoir choisi le handbike ?

Au départ, c’est un ami de la famille qui m’en a prêté un. Avec ce sport, je peux pratiquer sans ressentir mon handicap, sans être gêné. C’est un sport de plein air, ça m’a plu de me promener, d’observer des paysages, tout en me faisant souffrir physiquement dans l’effort, mais pas par rapport à mon handicap. Avec ce sport, je me sens comme un sportif valide, un cycliste comme un autre.




Quelles sont les contraintes que peut rencontrer un sportif en situation de handicap ?

Il existe pas mal de contraintes dans le monde du handisport. Il faut trouver un sport adapté, qui nous correspond et qui nous plaît. Il faut ensuite trouver un club où le pratiquer. Mais à cause de notre handicap, on choisit essentiellement en fonction de la proximité, disons le sport qui se pratique le plus près de chez soi. C'est forcément difficile, car on manque de choix, surtout pour des personnes qui vivent en milieu rural. Une fois que l’on a trouvé notre sport, notre club, il faut trouver du matériel. Or, le matériel handisport coûte très cher et malheureusement toutes les personnes en situation de handicap n’ont pas les moyens de s’offrir ou d’investir dans ce type de matériel.



"Je m’entraîne tout autant qu’un cycliste valide"



La pratique d’un handisport, surtout à votre niveau, est-elle équivalente à la pratique d’un sportif valide, en termes d’implication, de temps d’entraînement ?

C’est exactement la même chose. Je m’entraîne tout autant qu’un cycliste valide. Mes séances d'entraînement sont adaptées par rapport à mon handicap. Mais mon entraîneur, qui s'occupe de cyclistes professionnels, me fait faire le même programme qu’un cycliste valide. En termes d’implication, je dirais qu’une personne en situation de handicap est hautement impliquée dans la pratique de son sport.

Personnellement, pour la mécanique de mon vélo, il faut que je trouve quelqu’un spécialisé dans la mécanique handbike. J’ai de la chance de m'y connaître dans ce domaine et de pouvoir en assurer une grosse partie moi-même. Mais chaque pièce est difficile à trouver car chaque vélo est adapté à son utilisateur pour le sport de haut niveau, ce qui m’oblige à faire faire des pièces sur-mesure.



"L'activité physique est un vrai plus pour une personne en situation d’un handicap. Elle permet de mieux vivre avec son handicap et surtout de développer son indépendance."



Diriez-vous que, malgré le fait que l’implication soit identique, il existe une différence entre l’handisport et le sport valide ?

Selon moi, il y a une différence marquante entre sport valide et non-valide. Le handisport dispose de très peu de reconnaissance, il est très peu médiatisé contrairement au sport valide. De plus, il existe une réelle forme d’ignorance de la part des gens, qui ne comprennent pas ou ne connaissent que très peu, voire pas du tout, le monde du handisport. Je suis un athlète de haut niveau, un athlète paralympique médaillé et pourtant, pour la plupart des gens, je suis toujours "un handicapé".


Quels conseils donneriez-vous à une personne en situation de handicap par rapport au sport ?

Qu’il faut trouver des moyens de faire du sport. Car au-delà de pratiquer un sport qui nous passionne, l'activité physique, dans sa globalité, est un vrai plus pour une personne en situation d’un handicap. Elle permet de mieux vivre avec son handicap, de se façonner un physique adapté à ce dernier et surtout de développer son indépendance. C’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à pousser les portes, se renseigner auprès des différents comités de handisport, qui peuvent, vous aider à trouver un sport, un club près de chez vous, mais également vous fournir du matériel adapté. Il faut être motivé et oser. Chacun doit aller chercher et se renseigner, car ce ne sont pas les autres qui feront les démarches pour vous. 





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